franck provost
Souriant, accessible, Franck Provost parle de la coiffure avec un plaisir non dissimulé. Il se dégage de lui une forte humanité – il préfere le mot “empathie”. Il a tracé un chemin artistique impressionnant depuis quarante ans. Lorsqu’on lui demande le secret de son fabuleux destin, il répond simplement qu’il a peut-être “l’intelligence de la main”. Rencontre informelle avec un artiste du cheveu, aussi modeste que passionné.

Comment passe-t-on de la blouse de nylon bleue à col Mao de l’apprenti-coiffeur à la direction d’un groupe qui compte 25 000 collaborateurs et 3 000 salons ? Je dois vous avouer que je suis arrivé dans ce métier par hasard ! Voyant que l’école ne me passionnait pas, ma mère m’a proposé un apprentissage dans un salon de coiffure du village du Lude, dans la Sarthe. Mon premier emploi, je l’ai exercé dans un salon situé à La Flèche. Mon père m’a vu m’enfermer dans une certaine langueur et il m’a alors dit : “C’est à Paris que ça se passe !” J’ai donc trouvé une place dans un salon près de la place de Clichy.

Comment se passent vos premiers pas dans le métier ? J’ai compris d’abord toute la noblesse de ce métier. Puis j’ai découvert assez vite le goût de la compétition grâce à des “trainings” nocturnes, au salon, où j’ai développé ma rapidité et ma dextérité, et tout le savoir- faire dans l’exécution d’une coupe ou d’un chignon. J’ai participé à plusieurs concours qui m’ont permis de devenir “champion de France de coiffure”, puis “champion du monde”. C’est ce qui m’a donné confiance en moi. J’ai alors ouvert mon premier salon en 1975, à Saint-Germain-en-Laye. Je me souviens de cette déco faussement Napoléon III, des pampilles, du papier peint décrépi… J’ai décidé de tout repeindre en blanc en une nuit ! Et j’ai lancé le “sans rendez- vous” et la journée en continu, une petite révolution – jusqu’alors les salons fermaient entre midi et 15 h.

franck provost
En 1979, vous ouvrez votre premier salon parisien dans le très chic 8e arrondissement. C’est le vaisseau amiral à partir duquel tout commence, non ? En fait, comme les journalistes ne venaient pas à Saint-Germain, j’ai décidé tout simplement d’aller à elles ! C’est comme ça que j’ai ouvert mon salon dans le 8e arrondissement, avenue Franklin-Roosevelt. Je coiffais déjà pour des défilés, pour des séries mode dans la presse : j’achetais même des pages de pub dans Elle (rires). Grâce à la notoriété acquise à l’occasion des concours, j’ai progressivement ouvert l’enseigne à la franchise.

Et puis il y a votre rencontre avec la télévision, en 1987. Comment cela s’est-il passé ? C’est vrai que ma notoriété, je la dois aussi à la télé ! Je suis quelqu’un de très curieux. Alors, lorsqu’une de mes clientes m’a dit : “Viens donc à l’émission Sacrée Soirée !”, je l’ai prise au mot. J’ai coiffé très vite Jean-Pierre Foucault et puis ses invités. Grâce au bouche à oreille, je suis devenu petit à petit le coiffeur attitré de 80 % des émissions de télévision. J’ai formé une quinzaine de coiffeurs qui travaillent à l’année sur Danse avec les stars, The Voice, Le Grand Journal et beaucoup d’autres plateaux.

En 2009, vous signez un partenariat avec LaSCAD. Pourquoi avoir lancé cette ligne de produits en grande distribution ? Nous avons choisi un positionnement grand public, des soins de pro accessibles, pour une grande contenance (750 ml). Nous avons imaginé des produits de grande qualité, une très belle ligne de produits “Franck Provost Expert” qui se décline en une dizaine de gammes de soins ciblés.

Vous dites que “la coiff ure est le plus beau métier du monde”. Qu’entendez-vous par là ? Je pense qu’aucun métier n’aurait pu m’apporter ce que la coiffure m’a apporté. Il y a cette relation de proximité, incroyablement enrichissante, qui se noue avec les femmes – toutes les femmes : la commerçante de quartier, mais aussi la ministre jusqu’à Sharon Stone ! Qu’y a-t-il de plus beau si ce n’est essayer de rendre les femmes encore plus belles ? La richesse des rencontres rend ce métier extraordinaire. Par ailleurs, grâce à mon métier, j’ai pu voyager partout dans le monde, porteur d’un savoir- faire à la française qui n’a pas d’égal !

Comment le petit garçon du village du Lude regarde aujourd’hui cette réussite incroyable qui est la vôtre ? Tout ça est arrivé progressivement et… naturellement je dois dire ! J’ai traversé ces quatre décennies tranquillement. Je n’en tire aucune fierté particulière. J’ai juste su monter dans le wagon et saisir ma chance au bon moment. Je suis peut-être un apprenti un peu plus acharné que les autres. Je tiens simplement à rendre un peu de ce qui m’a été donné en m’engageant, par exemple, avec LaSCAD, auprès de la Fondation ARC sur la recherche contre le cancer du sein. Nous participons notamment à l’organisation de l’événement sportif “Le Triathlon des Roses”.

Vous fêtez les 40 ans du groupe en mars prochain. Pouvez-vous nous donner un avant-goût des festivités ? 40 ans, déjà ! J’ai l’impression d’avoir démarré hier ! Je n’ai pas envie de fêter 40 ans de coiffure, mais plutôt 40 ans de passion, car pour moi la coiffure est beaucoup plus qu’un métier. À cette occasion, je veux remercier tous les gens qui m’entourent : les femmes et les hommes qui viennent dans les salons bien sûr, mais aussi tous mes collaborateurs, les franchisés, les partenaires, tous ceux qui rendent l’aventure possible. À vous tous : MERCI !

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